Quand les images ont mangé les mots. Film d’un réalisateur de 24 ans, dérangeant donc important. Bien sûr c’est du cinéma, du bon d’ailleurs mais je m’en veux de ma candeur quand j’en suis à découvrir encore un degré de plus dans la gravité de la crise de notre société. Comme si des fonds pourris (hedge fund) des subprimes étaient entrés aussi dans le coeur de notre jeunesse. Dans une école de la côte Est des Etats Unis, la mort de jeunes filles survient, moins explosive que dans « Eléphant »( massacre de Columbine) mais au bout d’un ennui paresseux : overdose. L’école privée nuit gravement à la vérité : comment l’hypocrisie dans cet univers confortable constitue le vernis d’une société minée de l’intérieur avec sa jeunesse sans espoir. Une réflexion efficace sur le cinéma et le montage, sur le flux des images par internet où la pendaison D’Hussein se confond avec des scènes pornos, ou des rigolades. Triste monde où il ne reste que les pirouettes des artistes pour avaler les potions amères. A voir.samedi 4 octobre 2008
« Afterschool » Antonio Campos
Quand les images ont mangé les mots. Film d’un réalisateur de 24 ans, dérangeant donc important. Bien sûr c’est du cinéma, du bon d’ailleurs mais je m’en veux de ma candeur quand j’en suis à découvrir encore un degré de plus dans la gravité de la crise de notre société. Comme si des fonds pourris (hedge fund) des subprimes étaient entrés aussi dans le coeur de notre jeunesse. Dans une école de la côte Est des Etats Unis, la mort de jeunes filles survient, moins explosive que dans « Eléphant »( massacre de Columbine) mais au bout d’un ennui paresseux : overdose. L’école privée nuit gravement à la vérité : comment l’hypocrisie dans cet univers confortable constitue le vernis d’une société minée de l’intérieur avec sa jeunesse sans espoir. Une réflexion efficace sur le cinéma et le montage, sur le flux des images par internet où la pendaison D’Hussein se confond avec des scènes pornos, ou des rigolades. Triste monde où il ne reste que les pirouettes des artistes pour avaler les potions amères. A voir.jeudi 2 octobre 2008
La religion du progrès
Tel était le titre alléchant du débat de Libé opposant Michel Taubmann qui jouait au nostalgique du temps où les hommes s’émerveillaient de marcher sur la lune, face à Alain Gras, bedeau de la religion de la décroissance. Il faudra éviter de dire que le combat fut prométhéen, car celui qui vola le feu aux dieux est mis à l’index, comme les lumières qui qualifièrent un siècle. Sale temps pour les rationalistes où la pensée scientifique est jetée par-dessus bord avec l’eau nauséabonde des dégâts d’un progrès marchandisé. Les tarots dépassent des manches de celui qui parle du pétrole comme « le sang du diable », quand il appelle la poésie au secours d’une dénonciation fondamentale de la place même de l’homme dans la nature. Le choix des énergies fossiles (le feu) pour une société ivre de pouvoir est funeste pour ceux qui poussent la modestie à considérer l’homme à peine mieux qu’une blatte, et la machine à laver comme bien peu indispensable. Le confort acquis grâce aux techniques, les avancées pour soigner nos corps ne conduisent même pas à la nuance les prêcheurs appelant à une sobriété drastique : les monstres peuplant leurs imagiers sont tellement plus expressifs. La passion contre la raison, la nature contre la culture. « Back to the trees » : j’en ai frôlé ce matin là, ils dénoncent sans répit les lobbies, mais imposent leurs thématiques. Ils gagneraient en crédibilité, à se montrer moins volontiers punitifs, mais leur pureté serait en péril. Une croissance « autolimitée » serait plus atteignable qui conserverait le monde autant qu’elle le transformerait.
mercredi 1 octobre 2008
Matériel (« Faire classe » # 4)
Service de table pour 24 convives :- chaque écolier possède plusieurs porte-vues pour insérer des quatre pages (un A3 recto verso plié en deux) : un pour la lecture, un autre pour la géométrie, un pour le vocabulaire. Les feuillets baladeurs se raréfient. Ils séjournent provisoirement dans la pochette qui voyage dans le cartable, de l’école à la maison, afin de révisions.
Une mode pédagogique voulait à une époque qu’un livret d’orthographe par exemple suive l’apprenant tout au long d’un cycle pour assurer une cohérence, mais au bout d’un an il se sent parfois un peu chiffon. Je crois plus à l’impulsion d’un état de grâce qui se renouvelle chaque année avec le cahier aux pages vierges et les bonnes intentions à neuf.
- Un classeur classique reçoit les quatre pages en histoire, géo, sciences, éducation civique.
- Le bloc sténo pour les tâtonnements évite le gaspillage de belles feuilles.
- Correction quotidienne d’un cahier de maths, de français qui recueillent les exercices rédigés. Première page customisée par chaque élève qui s’approprie ainsi son outil de travail. Il n’y a plus de photocopies ici qui entreraient dans la composition d’un super Big Mac de papier.
Je mettais un point d’honneur à ce que les documents distribués par ailleurs aux élèves ne comportent pas cette marge noire qui trahit « l’occupationnel » de coin de table. Le soin apporté à la préparation engendrera le soin de ceux à qui sont destinés tous ces exercices les plus variés possibles qui puisent à des manuels hétéroclites, aux sites les plus divers pour éviter la modélisation, le formalisme, la routine, la réponse mécanique.
- Les livrets thématiques de facture soignée peuvent être complétés rapidement de quelques terminaisons, barbouillées au surligneur ou complétées de croix, de flèches et de liens afin d’aguerrir les apprentis en leurs exercices d’entraînement rapides.
Des recueils de poèmes, de contes complètent cette petite bibliothèque usinée par les années. Ces livrets d’entraînement construisent une face speed des apprentissages avant la lenteur des inscriptions appliquées.
Ils ne constituent pas une individualisation pure et dure du travail mais ménagent, ce qui fut un slogan de France Inter, les pleins et les déliés.
Lorsque j’ai pu mettre à la disposition des enfants suffisamment de matériel (livres, fichiers, magazines, objets renouvelés dans le musée de la classe, apports de la maison, jeux…) accessibles quand le travail obligatoire est fini, j’ai gagné en sérénité dans la gestion de la classe. Quoi de plus fort que ces moments où chacun est à son œuvre ! Les véloces ne sont plus vacants, les lents s’activent.
Les programmations pensées à l’avance peuvent accueillir l'imprévu, l’ordre rassurant des mécaniques bien huilées permet de goûter la liberté ; les limites du collectif laissent dire les timidités individuelles.
Les contraintes m’ont libéré, moi qui étais naguère plus soumis à l’improvisation au gré des intérêts, que je percevais, des enfants. Elles m’ont permis d’équilibrer les matières, de respecter ce qui est prévu pour vivre la variété, multiplier les entrées en réussite.
Dans une journée : un poème de Jacques Charpentreau passe, les fractions s’éclairent, le passé composé se met en ordre, la bibliothèque s’ouvre dans le bâtiment voisin, nous corrigeons un extrait de « la guerre des boutons », nous rangeons la salle de peinture. Beau métier.
Ces dispositifs décrivent le temps.
En ce qui concerne l’espace, des architectes nous ont gâtés. Même s’ils n’ont pas retenu toutes nos suggestions concernant un mûrier à planter pour les vers à soie, le rêve d’un atelier où l’on puisse faire du bruit, laisser des copeaux et de la poussière, ou nos remarques basiques pour des toilettes extérieures.
Nous avons échappé aux couloirs sans imagination pour bénéficier dans une école neuve de coursives lumineuses propices aux affichages renouvelés, de jolies salles bien insonorisées, avec vue sur l’étang, et la diminution des effectifs venant, de nombreuses salles à vocation spécifique : - ainsi un hall avant l’entrée en classe pour les portemanteaux, des affichages encore, un lavabo, des ordinateurs, la caisse des ballons et des jeux de cour ou d’intérieur, de grandes tables pour les travaux en devenir,
- une salle de peinture, travaux manuels,
- la salle de sciences, d’anglais, musique et pour les séances solennelles où des débats plus longs doivent se dérouler, tables disposées en U,
- petite salle audio-visuelle sans chaise ni table, à deux pas.
Tout se joue dans les détails pour parodier les tics du langage sportif et ajouter un sourire que font naître des mots trop amples décrivant une histoire de pantoufles. On quitte ses chaussures au seuil de la classe, elles sont rangées dans des casiers tout propres, comme l’ont suggéré les femmes de ménage. Ainsi fut fait et nous pouvions voir comme un rite qui imiterait la mosquée où se laissent au dehors les soucis qui vous collent aux semelles : carrément le sanctuaire laïque.
mardi 30 septembre 2008
La diversité culturelle et la world culture.
Dans l’auditorium réservé au débat de Libé, la diversité valait surtout pour la personnalité de ceux qui tenaient le micro : la jeune adjointe (P.S.) de la ville de Reims Sarah Ouaja Ok au prénom juif, et au père tunisien dont la famille n’a pu obtenir la permission d’assister au mariage de l’élue de la république avec son promis turc, et le lunaire Jean Paul Goude né pendant la guerre dont le fils américain est peu apte à la curiosité revendiquée par les deux discoureurs. La modératrice comme on ne devrait pas la nommer, pas plus qu’animatrice, n’a pas accompli son travail avec sérieux. L’approche poétique de l’organisateur du défilé du bicentenaire de la rév’ française était certes agréablement décalée mais parfois laconique. Le vaste sujet n’a pas été vraiment approfondi; la vacuité des mots apparaît crûment quand des artistes venant d’ailleurs sont arrêtés à nos frontières. La politique de l’immigration dicte sa loi et la patrie des droits de l’homme ne fait pas culturelle exception. Il faudra bien plus que de l’humour pour supporter ces contradictions, même s’il n’y pas que la vieille Europe qui ne sait plus se connaître ni s’ouvrir aux autres.
« Dirty week-end », Helen Zahavi
Spécialité anglaise, les dimanches désespérants ; dans les années 70, il y eut “ Sunday, bloody Sunday”, cette fois le roman est cru, cruel ponctué de cadavres. J’ai mis les doigts dans la prise ! Dans le cercle des lecteurs que je fréquente chaque mois, une des participantes avait habilement présenté le livre d’Helen Zahavi, qui se prête bien à la lecture à haute voix tant les dialogues sont vifs, tant la tension est communicative avec un monologue fascinant d’une jeune en route vers le néant. Je ne dénoncerai plus les jeux vidéo qui font perdre la notion du réel à nos jeunes; avec un tel livre, le pépère tranquille partage l’ennui absolu de la jeune femme au centre du roman, et l’accompagne dans sa rage. Le parlement anglais (années 90) voulait interdire l’ouvrage pour cause d’immoralisme : il avait raison ! Mais que c’est bien ficelé, redoutablement efficace, « méchamment bien » comme ne dit plus personne, même le diable qui eut quelque beauté paraît-il !
dimanche 28 septembre 2008
Parlez moi de la pluie
samedi 27 septembre 2008
Le sport un langage universel ?
Dans les colloques, tout le monde se délecte de belles paroles dénonçant le sport de compétition, mais depuis la coupe du monde de 98, qui n’a pas eu des coups de cœur, de sang ? Au cours du feuilleton hebdomadaire du championnat, la victoire de Grenoble, le petit, au Parc des Princes peut nous rassurer: tout n'est pas forcément joué d'avance. Au forum de Libé malgré la qualité de lutteur du président de sport sans frontière, il n’y a pas eu d’affrontement avec le directeur d’Human Rights Watch, à partir du moment où la distinction s’opère entre sport amateur et professionnel. Les petites gymnastes chinoises, cassées par un entraînement inhumain, ne peuvent pas traduire les mots : « valeurs du sport ». Mais celui-ci peut être un puissant outil du lien social, voire de réparateur après les catastrophes humanitaires ou naturelles. Des nuances sont à apporter pour éviter le mépris ou la béé attitude. Les médias qui dispensent volontiers des leçons d’éthique, tartinent en même temps sur le nombre de médailles, tout en chevrotant : « l’important : c’est de participer ».Celui qui échoue au pied du podium sera ignoré et s’il n’est pas français… En même temps un match Turquie /Arménie fait plus avancer la cause de l’apaisement que bien des déclarations ; l’équipe d’Arsenal plaide plus pour l’Europe que bien des tribuns.
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