vendredi 24 décembre 2010

Kärcher

Les branches mortes de l’année 2010 se recouvrent de blanc.
Les rétrospectives s’apprêtent, les bêtisiers vont envahir les écrans et tiendront lieu de mémoire, forcément.
Ce n’était pas pour « la caméra cachée » quand des stagiaires de l’éducation nationale en mal de formation ont dû assister à une conférence tenue par… des officiers de l’armée.
Cette petite nouvelle est consternante, elle vient parmi un fagot d’informations décourageantes, entre une pétition pour la défense de l’hôpital public et les silences à propos de la défaite des retraites.
Des échos anecdotiques à la pelle s’installent dans une cohérence toxique pour ceux qui ont cru à un état irréprochable, à des responsables respectables.
Les automobilistes fautifs récupéreront leurs points plus vite grâce aux députés qui ne mégotent pas sur leurs propres avantages et travaillent à l’opacité sur leur situation personnelle.
Les rares remises en cause des niches fiscales visent des dispositions allant dans le sens des économies d’énergie : Grenelle à la poubelle.
Hortefeux ministre soutient des policiers qui avaient fait de faux témoignages, ministre par ailleurs condamné par la justice.
Les déclarations du président en matière de politique étrangère sont inappropriées.
Il appelait lui-même Kouchner et sa compagne : les Thénardier, c’est dire le cynisme qui règne en ces hauteurs où s’est tellement humilié l’ancien Médecin Sans Frontières et d’autres. L’image de la France est bien détériorée et ce n’est pas un mannequin qui contrariera l’affaiblissement de nos représentations, de notre langue. Elle a juste permis d’ouvrir nos yeux sur les connivences des cercles où valsent Snobservateurs et ces gars là.
Dati et Yade cherchent la lumière des spots qui grillent si vite et Woerth les fuit, il ne pourra se réfugier dans un paradis fiscal puisqu’ils ont disparu, a-t-on dit.
Il aurait pu au moins prétendre à la prime que vont toucher les recteurs les plus efficaces à casser l’éducation nationale, car le ministre dénieur a été quand même un grand artisan de la déchéance de la morale publique.
Le Kärcher qui fut un produit phare il y a quelques années ne crachote plus qu’une eau brune, il a dévasté la morale, nos morals.
Nous avons beau panser nos plaies à l’humour noir, je n’arrive plus à soulever mes commissures et ne vois plus qu’une société désolée, aux valeurs fracassées, sombre.
Dessin de Politis :

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