dimanche 4 juillet 2021

C’est gentil chez vous. L’arrière boutique.

Belle surprise différée pendant des années avec cet album de 2005 oublié dans mon coin à CD et si peu documenté sur Internet que le temps semble s’être arrêté aux années 60 avec choucroute, rouge à lèvres et corsages pointus telles que la pochette orange l’annonce.
Cela permet d’apprécier que le groupe ait anticipé la mode :  
«  Un autre genre » avertit de ne pas se fier aux apparences, 
et pourrait servir d’intitulé aux douze chansons : 
«  Au balcon la gorge qui pigeonne
Du genre de celle qui a croqué la pomme »[…] 
« Oui mais derrière le décorum…
Se cachait bel et bien un homme ! » 
Le ton narquois et les « musiques de guinguette » font passer des textes bien tournés qui s’attaquent à des sujets difficiles.
Il est question d’un enfant « mongolien », comme on disait alors, 
dans « Huitième merveille » :
« Quand tu râles, que tu grondes,
J’ai trop honte d’avoir peur,
Je te déteste d’avoir honte » 
«  La main de Fatma », c’est la main du menuisier à laquelle manquent deux doigts : 
« D’une main il comptait jusqu’à trois
Au mieux quatre, la belle affaire. »
 Les allitérations  de « Mâles en colique » enrobent la solitude d’immigrés : 
« Les sous amassés si chichement qu’il en chiale
Les sous hommes cassés slalomant en slips sales »
Celle qui  cherche un emploi accepterait haltérophile ou « Reine des Belges »
quant à la Rom « Febronia » : 
« Mieux vaut, c’est vrai, qu’elle ramène des lovés
Pour éviter la volée, qu’elle n’aura pas volée »
 La mort n’a pas la majesté qu’elle avait chez Brassens, pour le « Champ du signe » 
«  Je suis mal à l’aise dans mon alaise
Et même mes larmes sont rouillées » 
L’humour noir permet de voir la réalité en face et parait si léger quand il est question de « Petites rides » : 
« Elles te piétinent le coin des yeux,
S’y accumulent, à qui mieux mieux ? » 
Le temps passe, alors même «  A leurs guises » :
« Réveiller mon corps
Avec des jeteurs de sort » 
Voire prendre le temps d’être « Indécis »alors que sages,  
« Les vaches » nous ressemblent : 
« Et toute leur vie se taisent et mâchent
Un seul même foin et elles sourient » 
Jusque dans leurs rêves : 
«  Je sais que Gavroche m’aguiche
On me croit mioche, pas chiche de clash ! »
 Mais : « Les vaches… on les lynche ! »

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