dimanche 19 février 2017

Renaud.


J’étais parti pour la déception et suis revenu ayant fait le plein d’émotions.
La foule, 15 000 personnes en trois soirées au Summum de Grenoble, avait envie d’être aimable, sentimentale, chanteuse. La tournée du sexagénaire s’appelle « Phoenix ».
Je craignais le pire avec en première partie un clone de « Tatatam » : Gauvain Sers qui m’a  paru bien tendre pour chanter «  Mon fils est partir au djihad » ou pour dénoncer ceux qui ont supporté le FN à Hénin Beaumont, tellement conventionnel.
Enfin au bout du tunnel d’un visuel qui débouche sur de belles images d’une vieille ville la nuit, les lumières éclaboussent.
« Toujours debout » : « Mister Renaud Mister Renard », un tombereau de cailloux dans la voix.
On pardonne tout, à notre miroir, et chamboulé, je suis, sous les souvenirs en avalanche.
« Il est midi passé,
Je reviens les mains vides
Trop de vent, pas assez,
L'eau était trop humide »
Patrimonial : « En cloque », « Pierrot », « Dans mon HLM, « Les mots »,« Bal à l’ambassade », « Morgane de toi », « Germaine », «  Hyper cacher », « J’ai embrassé un flic », « Manhattan-Kaboul », « Paris –Dakar »,«  It is not because you are », « Etudiant poil aux dents » en défense et illustration du rock français et du musette, « Gérard Lambert » avec retour sur ses passions privées additionnés des nouveaux venus, Malone : « Ta batterie »,  et sa petite fille :  « Héloïse » pour finir par un pot pourri « tout pourri » : « Hexagone », « Laisse béton », « Miss Maggie », « La mère à Titi »… « Fatigué »...
« J'emmènerai dimanche
Si je peux la gamine
S'emmêler dans les branches
A la pêche à la ligne »
Avec ce qu’il faut d’auto dérision,  par exemple à propos de « Mistral gagnant » qu’il se désole de voir comme chanson préférée des français, il accompagne le public qui la chante très bien comme tant d’autres, sa voix est devenue plus audible en cours de route.
Mais comme on reste à l’écoute d’une radio crachotante, quand la musique est bonne, on ne veut plus se quitter : oui on lui laisse le temps de tirer sur une cigarette et on en redemande : ça lui fera du bien et pourtant il se fait du mal, il nous a fait du bien : une autre ! Une autre !
« Dès que le vent soufflera je repartira
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons... »
Le jingle que je mettais à mes élèves pour leur annoncer qu’on allait partir en classe de mer, les dépassait peut être à l’époque, mais ils pouvaient avoir saisi l’allégresse du moment qui allait nous porter au delà de nos jours, au-delà de nous. Devenus grands, je pense que la chanson leur parle.
« Ne pleure plus ma mère
Ton fils est matelot
Ne pleure plus mon père
Je vis au fil de l'eau, »
…………
Le dessin est extrait d’un album de bandes dessinées qui vont bien à ses chansons paru chez Delcourt.
…………
La semaine qui vient, papou poule est avec ses poussins.
Je reprends les parutions sur ce blog lundi prochain, on sera le 27 février.


1 commentaire:

  1. Tout pareil pour moi.
    J’ai aussi été très impressionné par la connaissance des paroles par tout le public, quel que soit son âge.

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