jeudi 12 septembre 2013

Les papesses. Collection Lambert.



En ces temps dépapaoutés, où les statues sont désenvoutées, quand il est question de descendantes de la papesse Jeanne, il ne peut s’agir que de femmes au royaume de l’art :
cinq sculptrices de Camille Claudel à Berlinde De Bruyckere dont les œuvres sont présentées à Avignon dans un hôtel particulier et au palais des papes.
Elles acquièrent de la force en ces cadres grandioses par un dialogue avec des œuvres patrimoniales qui elles aussi regagnent de la vigueur.
« Le pape est mort, un nouveau est appelé à régner.
Araignée quel drôle de nom !
Pourquoi pas libellule ou papillon ? »
Camille Claudel  fut internée il y a 100 ans à Montfavet, à quelques pas de là.
De ses sculptures émane la douleur lorsque des mains tendues se figent dans l’éloignement de « l’âge mûr » ; et même ses vivantes « causeuses » sont tragiques.
Les araignées de Louise Bourgeois sont moins impressionnantes que celle de Bilbao, mais celle qui mourut à 99 ans donne un aperçu de sa vitalité lors d’un film présenté dans le parcours. La diversité de ses productions est un bain de jouvence avec par exemple ses tissus inventifs et délicats.
 « La biche accouchant d’une femme » de Kiki Smith m’a surpris au détour d’une salle.
La production de l’américaine est aussi très variée avec une « touche féminine ».
Cette appréciation pourrait se faire taxer de « sexisme pâtissier » par des associations dont je ne comprends pas l’indignation lorsqu’un intervenant dans une émission sur France 2  a laissé échapper :
"Dans cette crème chantilly, j'ai senti une touche féminine"
et il n’était pas question de Zahia qui vient de présenter sa collection de boulingerie-patisserie.
« La princesse au petit pois » et les belles sphères en verre soufflé évoquant des planètes de la canadienne Jana Sterbak tiennent bien leur place dans un ensemble colossal qui compte plus de 300 propositions présentées jusqu’au 11 novembre 2013.
La plus dérangeante, la plus marquante, est la plus jeune, la belge Berlinde De Bruyckere avec ses cires torturées figurant des articulations étirées, des peaux débordantes de cadavres qui évoquent Bacon et tous ceux qui représentèrent les suppliciés depuis la nuit des temps.

1 commentaire:

  1. j'avais aussi admiré ces roses bleues sur poitrine offerte...

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