vendredi 3 avril 2026

Vieux. N° 8.

La maquette soignée du magazine trimestriel peut satisfaire un public fidèle aux éditions papier, lorsqu'elle met en avant le thème séduisant : « Lâcher du lest ». 
Il est question de Diogène qui avait abandonné jusqu’au récipient lui servant à boire; pourtant le syndrome portant son nom signifie l’accumulation d’objets inutiles.
Les rédacteurs souvent primesautiers peuvent célébrer aussi bien les bonheurs du détachement que le plaisir d’être 
« le gardien de son propre musée dont les issues de secours sont bloquées par des piles de vieux numéros des Inrocks.» 
Ces 130 pages légères se permettent l’âpreté qui éloigne des tièdes réflexions et des injonctions banales, hors de « la société de persécution ». 
« A mesure que l’avenir se contracte, rien ne va plus : la santé se fissure, les élans se fatiguent, les illusions s’évanouissent, les êtres aimés disparaissent et les figures idéales de nous-mêmes se retirent, sans bruit, dans l’ombre. » 
Nietzche est cité deux fois :
« L’hypothèse d’un homme libéré de la peur et du besoin de croire,
qui embrasse la pesanteur de son existence et la tourne en légèreté. »
« L’homme est un animal malade de sa mémoire. »
Les entretiens avec Judith Magre, Ginette Kolinka, Olivier Roelinger m’ont davantage intéressé que celui de Karin Viard, ou l’évocation de la carrière d’Helen Miren, mais je savoure toujours autant la diversité des styles et des points de vues : 
« Chéri, j’ai déshérité les gosses ! »
« Faut-il vendre sa cave, la boire ou la donner ? »
« Quelques vieux s’autorisent le « sans limites » pendant que les jeunes réinventent des règles pour tenir le monde debout. » 
Cette fois Philippe Lefait décortique le mot «  frère », 
Patrice Leconte s’interroge sur l’existence de Marc Dorcel. 
Les questions brèves de Caroline Pastorelli sont fécondes avec François Rollin 
tandis que Jackie Berroyer nous rassure par sa modestie souriante. 

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