La maquette soignée du magazine trimestriel peut
satisfaire un public fidèle aux éditions papier, lorsqu'elle met en avant le
thème séduisant : « Lâcher du lest ».
Il est question de Diogène qui avait abandonné jusqu’au
récipient lui servant à boire; pourtant le syndrome portant son nom signifie
l’accumulation d’objets inutiles.
Les rédacteurs souvent primesautiers peuvent célébrer aussi bien les bonheurs du
détachement que le plaisir d’être
« le gardien de
son propre musée dont les issues de secours sont bloquées par des piles de
vieux numéros des Inrocks.»
Ces 130 pages légères se permettent l’âpreté qui éloigne des
tièdes réflexions et des injonctions banales, hors de « la société de
persécution ».
« A mesure que
l’avenir se contracte, rien ne va plus : la santé se fissure, les élans se
fatiguent, les illusions s’évanouissent, les êtres aimés disparaissent et les
figures idéales de nous-mêmes se retirent, sans bruit, dans l’ombre. »
Nietzche est cité deux fois :
« L’hypothèse
d’un homme libéré de la peur et du besoin de croire,
qui embrasse la
pesanteur de son existence et la tourne en légèreté. »
« L’homme est un
animal malade de sa mémoire. »
Les entretiens avec Judith Magre, Ginette Kolinka, Olivier
Roelinger m’ont davantage intéressé que celui de Karin Viard, ou l’évocation de
la carrière d’Helen Miren, mais je savoure toujours autant la diversité des
styles et des points de vues :
« Chéri, j’ai
déshérité les gosses ! »
« Faut-il vendre
sa cave, la boire ou la donner ? »
« Quelques vieux
s’autorisent le « sans limites » pendant que les jeunes réinventent des
règles pour tenir le monde debout. »
Cette fois Philippe Lefait décortique le mot «
frère »,
Patrice Leconte s’interroge sur l’existence de Marc Dorcel.
Les
questions brèves de Caroline Pastorelli sont fécondes avec François Rollin
tandis
que Jackie Berroyer nous rassure par sa modestie souriante.

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