Le hors service ne va surtout pas s’interdire d’ouvrir la bouche parce que
quelque grande gueule demande aux vieux de la fermer.
Le rassasié des jours, que je suis, se réveille en pleine
forme, avec quelques compères voire commères, condamnés à nous taire, par un
jeune « Insoumis » parmi les plus crachotant du crachoir qui
s’élevait contre l’interdiction de l’abaya, « imposée par de vieux
messieurs » au moment où petit Piolle en remet une couche sur le burkini.
Voilà bien du dissensus en circuit court et de la démagogie durable.
La jeunesse, la légèreté auraient-elles mis les voiles ?
Mais « Le vieux balai connaît les coins » d’après un
proverbe irlandais.
« Actuel » le mensuel des années soixante a
disparu et les jeunes hommes modernes d’alors, dès lors, yoyotent, mais avec mon dos raide, je ne me sens plus de me courber devant toute opinion en
fonction de sa date de parution.
Il m’a fallu bien du temps pour ne plus tendre l’oreille au plus
récent tempo ou chausser mes lunettes afin d’examiner la plus neuve des propositions
artistiques, goûter la dernière expression djeunette, voire renifler le conformisme sorti à peine du four. Je me suis appliqué avec les « applications » et je deviens apathique devant les « peaux de castes » : il y a tant
de redites, d’insignifiance sous des vernis qui ne tiennent même pas une
saison.
Je reviens aux fondamentaux du patriarche Brassens ne faisant pas de hiérarchie entre «cons caducs» et «cons débutants».
Je récuse toute assignation, surtout de la part de ceux qui
voient du « racisé » partout tout en excluant à tour de bras. Le
vieux mâle blanc, désigné comme l’ennemi, se rebiffe. J’essaye de garder un
sens de la modération, qualité pourtant vilipendée, et je regrette de voir les
bandes masculinistes enfler en réaction au mépris d’immatures sans saveur mais plein de fureur, prêts à
tout pour ébrécher nos fraternités. Leur chef de meute a pourtant dépassé l’âge
de la retraite.
Les Boyard, Delogu ont la faveur des médias à cause de leur
grossièreté génératrice de clics.
Les valeurs anciennes de connaissances et de modestie se
sont inversées : les suiveurs apprécient leur inculture, leur arrogance.
L’incompétence et l’outrance sont devenues tendance.
Ils remettent de la race là où on avait perdu sa trace depuis
les potes de S.O.S. racisme, arborant leur nuancier d’épidermes pour flatter
la clientèle, les méprisant en fait.
Ces internationalistes par ailleurs amateurs de barrières,
de frontières, amoureux parait-il de l’Amérique latine, ont-ils argumenté en
faveur du Mercosur pour vanter les avantages pour les compañeros, puisqu’il n’y
aurait que des inconvénients pour nos compatriotes ?
Pour cet accord avec le Marché
commun du Sud dont on découvre qu’il est négocié depuis 25 ans, les acquis de
la pédagogie médiatique m’ont échappé et le tout récent accord avec l'Inde est bien peu documenté. Des normes dans la plus grande zone
d’échanges valent mieux me semble-t-il que la sauvagerie caractérielle du
président US.
Nous sommes décidément cernés par
les illibéraux :
sur la plan politique par l’Amérique,
en économie par la
Chine,
militairement par la Russie,
culturellement par l’Islamisme comme idéologie,
à ne pas confondre avec l'Islam, religion respectable et critiquable parmi
d’autres.
N’y aurait-il plus qu’un dernier carré de vieux grognons
pour serrer les rangs autour de dame démocratie lacérée par ceux qui dès le
verdict rendu par les élections ont contesté toute légitimité au président de
la République Française, alors qu’ils ont défendu récemment le bon droit d’un
dictateur vénézuélien ?
« La démocratie,
c'est aussi le droit institutionnel de dire des bêtises. »
François Mitterrand

J'avoue avoir eu un peu de mal à te suivre, là, Guy, avec ton style... Comme je poursuis ma retraite du monde, ce qui, très occasionnellement, me fait connaître quelques sueurs froides, survient le moment où je ne sais plus ce que disent les gens, me rejetant loin d'eux, et eux de moi, ce qui nécessite des explications en chair et en os. C'est un bon tactique pour faire ce que je veux faire en ce moment, rentrer en contact avec les gens, "keep IN TOUCH", par exemple.
RépondreSupprimerIl me semble que la société de spectacle tue la "démocratie", mais je ne la chéris pas tant que ça, ayant pris la peine de m'instruire sur ses avantages, mais... de ses inconvénients aussi, et ils sont considérables. Donc, trop de bruit et de fureur nous consume à la longue, et nous empêche de continuer à dormir de ce long sommeil que Lampedusa avait déjà repéré comme étant le désir profond de l'Homme qui ne veut pas tant que ça... savoir. Et oui, des généralités, mais je les aime les généralités, et m'en contente maintenant dans ma vieillesse.
Acheté chez Arthaud hier, le dernier roman de la dame prof de lettres classiques à la retraite qui écrit sur les gens des campagnes, les gens des villes. On verra bien comment je me situe sur ce chapitre, et sur son écriture que tu as contribué à me faire connaître... Merci.