Le mook annuel, où en couverture mémé joue du rouet
devant l’âtre, nous offre pour sa soixantième édition, parmi soixante raisons
de l’acheter :
« Pour savoir
qui sont saint Mamert, saint Pancrase, et saint Servais »
« Parce qu’il
n’est pas vendu sur Alibaba ni Amazon. »
Une place libre est réservée dans les 130 pages pour noter « la
première gelée blanche ».
Dans le calendrier à la page de septembre:
« poussent en
abondance dans les forêts, les clitocybes nébuleux, les lactaires, les
russules, les derniers bolets et d’autres espèces moins connues comme l’excellent
polypore des brebis. »
« Quand les
hirondelles voient la Saint Michel, l’hiver ne vient qu’à Noël ».
Pourtant les dictons ancestraux sont mis à mal par un
réchauffement climatique documenté dans les pages consacrées à la météo :
« L’exception
française ne doit pas masquer l’inquiétante réalité : l’été 2024 est le
plus chaud jamais enregistré dans le monde, battant le record précédent établi
en 2023. »
Un article menant des glaciers aux vallées, développe le
sujet avec des témoignages d’éleveurs et d’arboriculteurs, d’alpinistes qui ne
se risquent plus dans la barre des Ecrins,
« Les Alpes sont
la région qui s’est le plus réchauffée de l’hexagone. »
Et ce ne sont pas les Huizats, habitants d’Huez, village
auquel est consacré un reportage exhaustif qui démentiront cette évolution. La
station de l’Alpe d’Huez offrant une capacité de 30 000 lits touristiques
a ouvert son premier téléski en 1936 et bien que la saison dernière ait été
excellente, diversifie les animations qui ont rendu la montée aussi célèbre que
les descentes depuis les 31 arrivées du Tour de France en altitude au bout de
ses 21 virages, dont un baptisé « virage des hollandais ». L’histoire
avec les compatriotes de Zoetemelk se poursuit avec une sorte de Téléthon
diffusé en direct à la télévision chaque mois de juin « L’Alpe
d’HuZes », course caritative, «
faire six fois la montée en une journée- zes signifie six en néerlandais ».
La construction de l’église Notre Dame des neiges à l’allure
très contemporaine a été impulsée par un prêtre … néerlandais.
Dans les nouvelles de l’Isère, de la Drôme et des Hautes
alpes dont est rappelée l’histoire qui nous réunit sous le nom de Dauphiné, les
visages des députés y apparaissent et disparaissent comme le dispensable Hubert Prévost.
Le 25 juillet, un million
de mètres cubes de roches ont recouvert la route sur 800 m à La Rivière sans faire
de victime.
La télévision centenaire figure à la rubrique « Vie
d’autrefois », serait-elle devenue aussi obsolète que la baratte et le
char à bancs ?
En tous cas, une certaine sagesse populaire est toujours
valable :
« Il n’est pas
difficile d’avoir l’air parfait quand on n’a rien fait ».
Dans le trio des fleurs, des fruits, des animaux à mieux
connaître : le lis de Saint Bruno est en lice pour monter sur le podium
des plus belles fleurs.
La sauterelle verte peut se targuer de faire partie de la
famille des Tettigonndae alors que la dénomination « mignonette d’Herbassy »
en impose pour une pomme.
Parmi les recettes proposées, l’incontournable
« Matefaim » pourrait-il convenir après une « bayanne » salade
de haricots, coco de Mollans, tièdes avec de l’huile d’olives de Nyons ?Histo Bus Dauphinois, une association de Pont de Claix, collectionne les autobus, les autocars tel un Torpédo décapotable de 1937
destiné à transporter les pèlerins à Notre Dame de La Salette. En 1968 :
540 autocars avaient été affrétés depuis toute la France pour transporter les
spectateurs des Jeux Olympiques.
Les astuces de mémé Alice peuvent concerner aussi le nettoyage
du micro-ondes.
Parmi les expressions bien de chez nous,
« plaindre » signifie économiser :
« Pour avoir de
bonnes récoltes il ne faut pas plaindre les semences ni son temps au
jardin. »
Et si sont valorisées les fêtes de villages qui mobilisent
de nombreux bénévoles, à Roche, 450 pour le comice agricole, les cousinades sont
aussi à la fête.
Les centenaires ont forcément des tas de choses à dire comme
Anna qui fréquentait la mercerie d’une certaine Jeanne Calment et l’ancien
maire de Savines le lac qui eut bien du travail pour reconstruire le village
englouti par les eaux du barrage de Serre-Ponçon ou ces militantes féministes,
ces résistants, ces pieds noirs qui ont refait leur vie ici.
« Tout s’est
bien passé » dit l’une d’elles qui aura peut être l’honneur de figurer une
deuxième fois dans « La ronde des centenaires » comme Marie-Louise
André âgée de plus de 110 ans. Louis Mermaz, Howard Butten, Jean François
Kahn et Raphaël Géminiani nous ont quittés cette année ainsi que la doyenne du monde
(117ans).

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