Frère Marc Chauveau, le conférencier devant les Amis du musée
de Grenoble a participé aux comités consultatifs mis en place pour la
restauration de Notre-Dame de Paris après l’incendie de 2019.
https://blog-de-guy.blogspot.com/2024/04/le-vitrail-moderne-frere-marc-chauveau.htmlEn 2018, la renaissance en 5 ans du monument le plus visité d’Europe (14 millions
de visiteurs) fut un exploit, après quelques
miracles : les rosaces du XIII° siècle demeurées intactes comme la statue
de Notre-Dame ou La croix de Marc Couturier :
une espérance pour les fidèles au milieu de la désolation.Cette sombre première cathédrale gothique, a retrouvé sous de nouvelles lumières, la
douceur des calcaires lutétiens. Une suite de destructions et d’innovations constitue un patrimoine en évolution constante.Après le concile de Trente, la liturgie devient plus
théâtrale,
le jubé qui séparait le chœur et la nef pendant la période
médiévale a disparu. Le musée de Cluny en expose aujourd’hui des fragments retrouvés récemment.Chaque année, pendant la période de l’Avent, les fidèles peuvent voir en
Alsace 14 tapisseries jadis commandées par Richelieu pour
Notre-Dame, achetées ensuite par le diocèse de Strasbourg. La confrérie des orfèvres avait offert 73 tableaux,« les Mays », entre 1630 et 1707. Eustache Le Sueur, "La Prédication de saint Paul à Éphèse".
Dispersés au moment de la Révolution, 51 se retrouvent au
musée des Petits-Augustins, au Louvre, à Arras.
Au XVII° siècle la lumière entre, les colonnes paléochrétiennes ressortent au détriment des ogives gothiquesAnne d’Autriche ayant enfin donné un fils à Louis XIII, celui-ci a décidé de consacrer son royaume à la Vierge au moment où les troupes espagnoles envahissaient la France.
Philippe de Champaigne « Le vœu de Louis XIII »
au musée de Caen.Une statue
tout en délicatesse de Louis XIII occupe le chœur réaménagé sous Louis XIV. Après le sacre de Napoléon, Notre Dame n'appartient plus seulement à Paris,
mais à la France,
puisque des serments constitutionnels furent prononcés depuis la tribune installée dans la nef centrale. Après l’incendie, elle devient Notre Dame de la planète.Le drômois Guillaume Bardet vient de concevoir un nouvel
autel,
table du sacrifice à dimension commensale, dans une esthétique discrète en
harmonie avec le baptistère, la cathèdre (siège réservé à l’archevêque qui
marque le statut de cathédrale), l’ambon (support de lecture des Évangiles), le
tabernacle en forme de tente originelle s’ouvrant comme un livre.Ostensoir et ciboire, aiguière et burettes, la vaisselle liturgique se renouvelle. Ionna Vautrin
a fourni 1500 chaises empilables
et solidaires pour garnir l’axe du bâtiment entouré de 14 chapelles latérales. La chapelle axiale est
dédiée à la Passion du Christ avec la châsse-reliquaire de la Couronne
d’épines. Au nord, David, Abraham, Noé, Moïse, Isaïe, Salomon, Elie, personnages de l’Ancien testament, occupent « l’allée de la promesse» d’un sauveur.Au sud, le déambulatoire « l’allée de la Pentecôte », représente
des scènes après la Résurrection, au temps de l’église et de ses martyrs. Les peintures
de Violet le duc qui avait repensé ces chapelles en 1860 disparaissaient sous la
crasse et la suie. Celui qui annonçait l’art nouveau a de nouveau été révélé. Certains
de ses murs décapés dans les années 60 redonnaient place aux œuvres
du XVII°, aussi légitimes que des œuvres d’art contemporain. Il faudra cinq ou six années pour tisser sept tapisseries dont celles de Miquel Barcelo et Michael
Armitage dans les manufactures des Gobelins, de Beauvais et à Aubusson,
iIlustrant les paroles de Moïse :
« J’ai vu, oui,
j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte,













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