jeudi 24 septembre 2026

Cadrage-débordement.

Sous ce titre extrait du vocabulaire rugbystique, je persiste dans le mélange des genres pour évoquer les institutions muséales en essayant de cerner au-delà des dorures classiques alourdissant jusqu’aux fulgurances impressionnistes, tout ce que les pinceaux et les ciseaux nous apportent dans nos rapports à la modernité, aux presciences des artistes.  
Bien que je me demande s’il est de saison de reconduire une rubrique hebdomadaire intitulée « Beaux arts » quand la notion d’harmonie, de joliesse, d’excellence, tendent à disparaître de nos lexiques ? 
Entre le robot gouverné par l’IA et le bobo extasié devant une banane collée au mur, le beau a du mouron à se faire.
Comme je récapitule mes fondamentaux en musique, littérature ou cinéma, j’essaye de retenir quelques images, avant de reprendre les compte rendus de conférences données devant les amis du musée de Grenoble. Les zooms sur les plafonds de la Sixtine sur grand écran y sont plus confortables que les cous dévissés parmi les foules vaticanes.
Au-delà de l’histoire de l’art, se révisent les fondamentaux de notre civilisation : les mythologies grecques, romaines, chrétiennes et au-delà. Du temps où la peinture d’histoire était la plus prestigieuse, des échos nous parviennent d’un passé affronté à nos préoccupations d’aujourd’hui à travers l' évolution des formes, et la nature des emballages. 
Marcel Duchamp en 1919 se tint au tournant : « L.H.O.O.Q. », la Joconde. La première guerre  inaugura le XX° siècle, elle venait de finir. L’esprit potache va gagner, à peine altéré par les phraseurs aux absconses paroles affichées dans des FRAC désertées.
Cet art contemporain se joue dans des salles immaculées sans personne alors que ses provocations devraient interroger plus largement.
Par contre Ernest Pignon Ernest réussit par ses traits d’un classicisme absolu à réconcilier la tradition et la modernité. Il se défend d’être le père du « Street Art » bien que ses œuvres à 
l'emplacement minutieusement choisi aient pu concerner le premier passant venu, la dernière chaisière, aussi bien que ses nombreux admirateurs dont la mémoire garde le souvenir de ses collages voués à ne pas persister. 
Tirés sur du papier ordinaire leur force est à la hauteur de leur modestie. 
L’art populaire se retrouve sur les pignons, trompe-l’œil et autres fresques virtuoses, à ne pas confondre avec les tags égotiques agressant les propriétaires des murs. Les porteurs de bombes à peinture salopent les constructions des autres, imposent leurs couleurs, hâtent l’obsolescence des ponts, des usines, des commerces, appellent à l’indifférence des regards.
Que serait le noir sans Le Caravage et Soulages, un plongeon qui aurait oublié Hockney, une caresse qui ignorerait la légèreté de marbre du Bernin… ?
Les «  Glaneuses » de Banksy au Bristol City Museum me ravissent comme d’autres œuvres contemporaines réveillent les scènes du XIX° transpirant leur goudron dont on verra mieux l’intensité de leurs touches, les lumières capturées, l’expression des  éternelles passions humaines.    

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