Un olivier du mont des oliviers raconte en 255 pages, 4000
ans d’histoire d’un lieu inhospitalier à l'écart des routes commerciales, lieu
commun des trois religions monothéistes.
Les dessins ont beau être attrayants, les informations
référencées, les péripéties spectaculaires, et bien des noms familiers, tant de
morts et d’efforts vains pour approcher une résolution des problèmes épuisent
toutes mes tentatives de compréhension.
Les chapitres bien construits structurent une continuité
dans les massacres, les exclusions, les démolitions, les reconstructions, les
cohabitations, qui ont vu passer Egyptiens, Perses, Juifs, Romains, Byzantins, Arabes,
Croisés, Mamelouks, Ottomans, Anglais, et s’installer Palestiniens et
Israéliens.
Isaac, Salomon fils de David, Abraham, Jésus ont marqué leur
territoire dans la localité, mais de plus loin l’empereur Constantin dans sa
conversion ou le pape Urbain II prêchant
la croisade à Clermont ont internationalisé les affaires religieuses dans lesquelles Theodor
Herzl n’a pas eu un petit rôle.
Dans cette contrée de pierres, où les légendes se mêlent aux
découvertes archéologiques incessantes, les pèlerins affluent et les
écrivains se sont succédés :
Flaubert, Chateaubriand, Melville, Marc Twain, Pierre Loti.
La citation de Julien Gracq trouvée sur Babélio m’a semblé la plus juste :
« Jérusalem
comète historique dont l’histoire se réduit presque à un long sillage enflammé,
posée sur sa colline brûlée comme une fusée sur sa rampe de lancement- tant de
furie d'éternité dans un si petit corps- ville Pythie, ville épileptique,
hoquetant sans trêve de la transe de l'avenir. »

Oui, la citation de Julien Gracq est très belle, et me semble juste aussi. En considérant tout de même que je pense que l'Homme ne veut pas se laisser domestiquer... à mort, tout de même. Le livre de Pierre Grimal que je lis, "Les erreurs de la liberté" fait remarquer que dans la tête de tous, la question de la liberté reste inséparable de la mort. Là, j'estime que Grimal, dont je ne mets pas en doute l'autorité pour écrire sa comparaison entre "l'eleutheria" grec et la "libertas" romaine fait un constat, et non pas du prosélytisme. Athènes a eu ses heures de gloire, entre Homère, les tragiques, et la philosophie, et sa culture a été exportée sur tout l'Occident, et au delà, pour notre... gloire ET notre tourmente. Ainsi va notre monde, non ?
RépondreSupprimerEt puis, il est tentant de regarder un conflit et s'imaginer que ses enjeux concernent seulement les intéressés immédiats, les plus visibles, mais il n'en est rien, car au-delà des pays, il y a ce qu'ils REPRESENTENT pour l'Occident et au delà dans l'histoire. Si seulement les représentations ne pesaient pas si lourd maintenant, bien au delà des frontières.