mardi 9 juin 2026

Histoire de Jérusalem. Vincent Lemire Chistophe Gaultier.

Un olivier du mont des oliviers raconte en 255 pages, 4000 ans d’histoire d’un lieu inhospitalier à l'écart des routes commerciales, lieu commun des trois religions monothéistes.
Les dessins ont beau être attrayants, les informations référencées, les péripéties spectaculaires, et bien des noms familiers, tant de morts et d’efforts vains pour approcher une résolution des problèmes épuisent toutes mes tentatives de compréhension. 
Les chapitres bien construits structurent une continuité dans les massacres, les exclusions, les démolitions, les reconstructions, les cohabitations, qui ont vu passer Egyptiens, Perses, Juifs, Romains, Byzantins, Arabes, Croisés, Mamelouks, Ottomans, Anglais, et s’installer Palestiniens et Israéliens.
Isaac, Salomon fils de David, Abraham, Jésus ont marqué leur territoire dans la localité, mais de plus loin l’empereur Constantin dans sa conversion ou le pape Urbain II  prêchant la croisade à Clermont ont internationalisé les affaires religieuses dans lesquelles Theodor Herzl n’a pas eu un petit rôle.
Dans cette contrée de pierres, où les légendes se mêlent aux découvertes archéologiques incessantes, les pèlerins affluent et les écrivains  se sont succédés : Flaubert, Chateaubriand, Melville, Marc Twain, Pierre Loti.
La citation de  Julien Gracq trouvée sur Babélio  m’a semblé la plus juste : 
« Jérusalem comète historique dont l’histoire se réduit presque à un long sillage enflammé, posée sur sa colline brûlée comme une fusée sur sa rampe de lancement- tant de furie d'éternité dans un si petit corps- ville Pythie, ville épileptique, hoquetant sans trêve de la transe de l'avenir. »

1 commentaire:

  1. Oui, la citation de Julien Gracq est très belle, et me semble juste aussi. En considérant tout de même que je pense que l'Homme ne veut pas se laisser domestiquer... à mort, tout de même. Le livre de Pierre Grimal que je lis, "Les erreurs de la liberté" fait remarquer que dans la tête de tous, la question de la liberté reste inséparable de la mort. Là, j'estime que Grimal, dont je ne mets pas en doute l'autorité pour écrire sa comparaison entre "l'eleutheria" grec et la "libertas" romaine fait un constat, et non pas du prosélytisme. Athènes a eu ses heures de gloire, entre Homère, les tragiques, et la philosophie, et sa culture a été exportée sur tout l'Occident, et au delà, pour notre... gloire ET notre tourmente. Ainsi va notre monde, non ?
    Et puis, il est tentant de regarder un conflit et s'imaginer que ses enjeux concernent seulement les intéressés immédiats, les plus visibles, mais il n'en est rien, car au-delà des pays, il y a ce qu'ils REPRESENTENT pour l'Occident et au delà dans l'histoire. Si seulement les représentations ne pesaient pas si lourd maintenant, bien au delà des frontières.

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