En 2027, la BD fêtera son bi-centenaire en même temps que le
daguerréotype (photographie) depuis « Les Amours de monsieur
Vieux Bois », littérature en estampe, du genevois Töpffer.Le conférencier devant les amis du musée de Grenoble en retrace
les évolutions, à l’occasion de l’exposition au musée de Grenoble d' « Epopée graphique »
présentant plus de 400 planches originales, issues de la collection de
Michel-Édouard Leclerc. Parmi les pionniers, le journal « Vaillant » né de la Résistance, devenu « le journal de Pif » dont
les aventures paraissaient dans « l’Humanité », adoptera le titre « Pif
gadget » en 1969.Entre 1945 et 1965, c’est
le moment belge où la publication « Tintin » tournée vers
l’aventure, les grands espaces, la science fiction, concurrence « Spirou » plus
fantaisiste.
Ils s’adressent tous deux aux
enfants et plus spécialement aux garçons.En 1964, dans le coquin, « V Magazine », réservé
aux adultes, Jean-Claude Forest
donne naissance à « Barbarella » dont le
recueil sera édité par Éric Losfeld.« Pilote » repris par Goscinny va vieillir avec ses
lecteurs et après 68, aborde par l’humour les préoccupations politiques,
écologiques, féministes.
« Claire Bretécher, présentait
l’amusante particularité d’être une dessinatrice.» GotlibCes deux là fondent avec Mandrika « L’écho des savanes ». Georges Wolinski rédacteur en chef du mensuel « Charlie » offre,
dans les années70, le meilleur de la production internationale.Dans « Métal Hurlant » tourné
vers la science fiction,
Moebius propose en couleurs directes « Arzach »
aux formes inédites.« On peut très
bien imaginer une histoire en forme de flamme d'allumette soufrée. »
Le mensuel « A suivre » encourage
les auteurs à publier des histoires longues. Comès y publie « Silence »
drame rural empreint de sorcellerie et Schuiten « Les Cités
obscures » récit de science fiction rétrospective.Les éditions Glénat avec « Les passagers du vent » de
Bourgeon
se consacrent aux récits historiques et deviennent leader pour les mangas (1/3
des BD vendues) appréciés aussi par les enfants de ceux qui les avaient
découverts dans les années 90. Des dessinateurs bien de chez nous ont repris les
codes japonais
pour donner naissance aux « Manfra » (manga à la
française).Yslaire dessinateur belge auteur de « La Légende des Sambre »
travaille en France.
Les grandes
maisons belges ont été rachetés par des entreprises hexagonales.Futuropolis met en
avant les auteurs où Baudoin ouvre la voie de l’autobiographie avec
« Couma acò ».« Corto
Maltese » n’était qu’un
protagoniste parmi tant d’autres avant de connaître le succès.« Maus » d’Art Spiegelman est édité par
Flammarion après avoir été refusé par les éditeurs habituels de BD. Ce roman
graphique désormais incontournable pour décrire la Shoah, vendu dans les
librairies traditionnelles, a reçu toutes les récompenses. Faire entrer les
dessins dans les librairies était aussi le projet
de L’Association qui a publié « L’Ascension
du Haut-Mal » de David B. « Persepolis » de Marjane Satrapi vendu
à 1 million d’exemplaires a contribué à la féminisation de la profession. Désormais
les filles sont majoritaires dans les écoles de BD
et plus seulement vouées à
illustrer la littérature jeunesse.Les petites filles peuvent apprécier de nouvelles
héroïnes : Akissi, Cerise, « Mortelle Adèle ». Les
plus grandes - et les plus grands - se régalent avec Margaux Mottin de Fluide glacial.Les éditions «Actes Sud » se sont lancées aussi dans l'aventure.« Les grands cerfs » de Gaétan Nocq se permet
le silence,
la réflexion scientifique
de Jean-Marc Jancovici. « Jérusalem » de Christophe Gaultier comme tout dessinateur désormais
associé à un scénariste Vincent Lemire résume
en 156 pages 4000 ans d’histoire. Étienne Davodeau
pour « Cher pays de notre enfance »
a travaillé avec le journaliste Benoît
Collombat. Dans « Le photographe » les photographies de Didier Lefèvre
se mêlent aux dessins d’ Emmanuel Guilbert
par ailleurs papa d’ « Ariol » publié chez Bayard
presse, le groupe leader chez les enfants
qui n’ont plus l’exclusivité des gaufriers
(la grille d'images découpant la
planche de bande dessinée). Le neuvième art et ses multiples visages a étendu son
territoire. Catherine
Meurisse vient d’entrer à l’Académie des beaux arts.
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