L’hebdo qui se déplie a proposé avant les vacances quelques
points de vue à propos de la triade des « maîtres du soupçon » qui pourraient
encore nous aider à « penser le XXI ° siècle », à « briser nos
chaînes », « à penser nos vies ».
Leurs images iconiques apparaissent derrière des silhouettes
qu’ils n’avaient pas connues,mais l’auteur du Capital peut éclairer l’ubérisation de nos
sociétés,
comme l’auteur du « Gai savoir » s’introduire dans
les salles de sport
et le dieu du stade oral et anal nous amener à détourner le
regard de nos écrans,comme nous y invitent ces numéros aérés, légers.
Marx :
« Il nous a donné
des concepts - aliénation, fétichisme de la marchandise, lutte des classes- qui
structurent encore notre pensée aujourd’hui. »
Sa pensée est confrontée
à l’écologie à la religion
« Le capital est
du travail mort, qui, semblable au vampire, ne s’anime qu’en suçant le travail
vivant et sa vie est d’autant plus allègre qu’il en pompe davantage.»
Nietzsche : Un jésuite, Henri de Lubac, tire profit d’une façon
originale du philosophe de « la mort de dieu. » et d’autres rédacteurs interrogent la post vérité, la cacophonie des valeurs, la grégarité, le
ressentiment, la culpabilisation.
« Que la jeune
âme regarde en arrière et se pose la question suivante : qu’as- tu
vraiment aimé jusqu’à présent, qu’est-ce qui a attiré ton âme, qu’est-ce qui
l’a dominée et en même temps rendue heureuse ? »
Freud : « Comparée à la prose enivrante de
Nietzsche, qui toujours fait jaillir les feux d’artifice les plus fous de l’art
et de l’artisterie, la sienne parait de prime abord incolore, sobre et froide.
La prose de Freud ne fascine pas, ne conquiert pas : elle renonce à toute
poétisation. »
Stefan Zweig.
Il est question avec psychiatres, psychanalystes, d’enfance,
de neurosciences, de guerres, de ça, et
moi et surmoi
« La manière
dont nous nous comprenons contribue à définir ce que nous sommes. »
« Ce qui fait
vivre contient aussi ce qui pousse à défaire la vie. »

C'est drôle, mais j'ai envie de me défaire de ce trio de penseurs qui sont surestimés, à mon avis, ou, plutôt, ont vu leurs idées corrompues pour plaire à une société qui a le plaisir comme idéal en ce moment. Plaisir. Loisir. Liberté...
RépondreSupprimerPour Marx, que je n'ai jamais lu, et que je ne lirai pas, en quoi je suis en très bonne compagnie, car je ne crois pas que beaucoup de mes contemporains ont pris le temps ou fait l'effort de LIRE MARX lui-même, se satisfaisant des explications de texte de leurs contemporains, j'ai compris que la fétichisation de la marchandise est une forme d'idolâtrie, et... je sais que beaucoup d'encre a déjà coulé sur l'idolâtrie, dans la Bible, par exemple, qui permet d'avoir un bon aperçu du problème SI ON LE LIT (et je la lis). Sinon, avec le temps j'en suis venue à conclure qu'une idéologie qui voudrait que TOUTE FORME DE TRAVAIL soit monnayé est un système qui érige l'argent en... idole, de toute façon, donc... logiquement, si je ne veux pas adorer les idoles, je ne dois pas TOMBER dans cette manière de regarder le monde.
Pour Nietzsche, je n'oublie pas qu'il fût le fils d'un pasteur protestant mort jeune, et qu'il est pris dans le souffle d'un grand retour... à la Grèce et ses idées, tout comme Freud, d'ailleurs. Le retour d'un engouement pour l'hellénisme. Ce qui est sidérant, c'est que le mythe de la supériorité de la Grèce commence avec Philippe de Macédoine, et est déjà bien en place avec Alexandre le Grand ! Ça fait des millénaires maintenant que la Grèce et ses... phisolophes sont une culture muséale pour l'Occident ! Des millénaires... Cela m'interpelle grandement, tant de MUSEE(S).
Pour Freud, il ne faudrait pas le mettre dans le même sac que les neurosciences, car il s'inscrit contre la... "progression" de son époque. Même s'il voudrait que sa psychanalyse soit reconnue comme "scientifique", il se situe contre une science et une médecine positivistes qui colle des diagnostics de lésion partout, et refuse de considérer le rôle des IDEES dans la structure psychique. Bien que je respecte Stefan Zweig, je crois qu'il fait fausse route sur la prose de Freud. Freud est un littéraire déguisé, et sa prose, surtout vers les débuts de sa découverte, est dépourvue de jargon scientifique ou de latinismes/hellénismes qui FONT le savoir et le savant depuis Aristote, sinon avant. Mais je vois que Zweig dit "de prime abord"... bien. La chose grecque nous a donné le cadre du déploiement de notre conscience occidentale dans la polarité ? entre le théâtre et la philosophie. Personnellement, je préfère le théâtre, même pour apprendre... Mais je ne suis pas dans la majorité maintenant.