vendredi 26 juin 2026

Beau.

Avant ces jours torrides, les bulletins météo parlaient d’ « amélioration » quand revenait le soleil et de « dégradation » quand s'annonçait la pluie salvatrice : désormais l'intouchable 
« beau temps» fera mois le beau.
Depuis « La fontaine » de Duchamp (1917) la beauté est devenue une valeur relative, Vincent Lagaf' le confirmait avec « Bo le lavabo » (1980).
La joliesse se réfugie à l’intérieur de chacun parait-il, quand toute manifestation flirtant avec le charme se fait mal voir. Pourtant les influenceuses arborent lèvres gonflées, ongles démesurés, leurs silhouettes truquées s’habillent virtuellement de produits qui piquent l’attention, pour s’adresser aux foules de noir revêtues.
L’anonymat des réseaux, la dissimulation des chevelures, la cagoule devenue un accessoire tendance, jouent à cache-cache, alors que se dévoilent volontiers des « sourires de plombier » pas seulement chez les réparateurs de lavabo.
La séduction demeure cependant une attention aux autres et l’accoutrement s’harmonisera au sein des tribus s’étourdissant sous des lumières stroboscopiques, toutes solitudes agrégées.
Les repas figuraient comme des cadeaux quotidiens, mais combien de tables ne sont plus dressées entre les boites hermétiques du midi et les biscuits apéritifs du soir qui s’effritent sur les claviers ?
Des plats sophistiqués aux épices rares font oublier de temps en temps ce glissement vers un nourrissage dont le plaisir est aboli pour goûter une séquence consacrée aux autres, à soi. 
Il n’y aura pas d’enjeu successoral pour se répartir les serviettes intactes de Mamie, et pour les soins du linge on repassera !
Ces mots ci dessus appelant les cinq sens autour d’un tableau adorable, d’un plat délicieux, d'un air divin, d’une petite robe noire, quand les foins sont coupés, se voudraient de bon sens.
J'essaye de décrire « un point de vue », terme en voie d’être remplacé par le mot « biais » soupçonné de malhonnêteté et persiste à éviter quelques contradictions vues chez d’autres. 
Ainsi les critiques des réseaux sociaux ne jurent que par le nombre de « like » pour juger de la pertinence d’une idée, redoutent l’arrivée du RN, mais anticipent sa venue, l’ayant facilitée en savonnant avec zèle la planche des gouvernements successifs.
Juillet, août approchant,  je ne mettrai pas en veille mon goût pour la discussion, plutôt que de jouer de la disqualification devenue inévitable dans les conversations, qui prête des intentions aux contradicteurs au lieu de débattre du fond, abusant de mots paralysants tel « islamophobie » pour fourrer dans le même gros sac, libres laïques et tristes racistes.
Le réformisme est devenu un transformisme : les désirs collectifs de changement en particulier dans le domaine social, affrontés à « la force des choses », mutent vers des domaines individuels. Narcisse 2.0  joue pour l’éternité avec des tatouages démesurés, pratique les sports les plus extrêmes, voire se mutile en jouant avec son sexe. Ce choix s’accompagne parfois de désir d’enfants à se faire livrer par utérus interposé, alors que d’autres couples en âge de procréer préfèrent les croquettes aux biberons.
Au moment où le nombre des décès dépasse celui les naissances, les luttes pour l’avortement me semblent décalées, comme si les campagnes de contraception n’avaient pas « porté leurs fruits », comme si la survie de la planète devait passer par la disparition de l’espèce humaine. 
« La beauté du monde qui disparaîtra bientôt a deux extrémités :
celle du rire et celle de l'angoisse, coupant le cœur en deux. » 
Virginia Woolf

1 commentaire:

  1. Bien d'accord avec la plupart des points, là.
    Que c'est triste, tout ça. Une bonne partie de la jeunesse est totalement paumée, et c'est compréhensible.
    Je pense que cette situation correspond à.... la peste : toujours une chute affligeante de la natalité, un désespoir terrible, des morts en pagaille. Il y a des récits dans les "Métamorphoses" d'Ovide qui font dresser les cheveux sur la tête, et Jésus lui-même annonce qu'il y aura des filles de Jérusalem qui regretteront d'avoir mis des enfants au monde. Rien de nouveau sous le soleil (brulant), là. L'humanité a les moyens de reconnaître qu'elle a déjà vécu des situations semblables, si, si. Des génocides ont déjà eu lieu. Si, si. Nous, les modernes, ne sommes pas... nouveaux. Il n'y a pas de nouvel Homme. Que de l'ancien, dans un nouveau CONDITIONNEMENT.
    Les prophètes ressortent : "le mieux est l'ennemi du bien", et on a tout l'après-midi pour méditer, chercher des exemples, décortiquer les exemples, de préférence au frais.

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