lundi 9 mars 2026

Urchin. Harris Dickinson.

Le titre traduit dit tout : « oursin » ou « gamin des rues ». 
Un sans domicile fixe essaye de s’en sortir, aidé par les institutions anglaises. 
Film âpre où le passé ignoré ne fournit pas d’alibi à un jeune détruisant sa vie, ne parvenant pas à sortir de sa solitude parmi d’autres solitaires. 
Plutôt que des prêchi-prêcha lénifiants et autres proclamations de résistance en robe de couturier comme on en voit à Cannes où le film a été présenté, ce film gueule : qu’avons-nous fait pour que la liberté de nos sociétés amène si souvent à s’étourdir, oubliant toute volonté de choisir ? 
Il y aurait de l’indécence à s’identifier au personnage principal alors que la lutte contre les démons anesthésiants, contre soi même, peut occuper une vie.

1 commentaire:

  1. Maintenant je ne vais guère au cinéma. Je ne sais pas quoi penser de la démarche de filmer quelqu'un dans ces conditions, par exemple, si c'est ça, ce que tu ne dis pas, ou de créer un personnage, ce qui n'est certes pas la même chose. Une fiction n'est pas un documentaire, par exemple.
    Pourquoi on chercherait à fréquenter des gens dans cet état de souffrance ? Pourquoi voudrait-on AVOIR UN CONTACT avec de telles personnes ? C'est une vaste question, qui mérite qu'on s'y attarde. Pourquoi et comment s'autoriser à aider de telles personnes, surtout quand nous avons mis en place tout un système pour gérer la misère du monde, et en partie pour nous protéger de nos identifications, et pour protéger les intéressés de notre... charité ?
    Pourtant, si on regarde bien, on peut voir que l'Homme est porté à vouloir aider quelqu'un qui souffre quand il ne se sent pas impuissant pour le faire. Je crois que ce désir d'aider est même un puissant moteur dans la société, et malheureusement, parfois il agit comme un rouleau compresseur qui fait l'impasse sur l'action la plus importante de toutes dans un premier temps : l'écoute de la personne concernée pour discerner sa volonté, ce qu'elle pourrait désirer pour elle, et pas ce que nous croyons être le bien.
    Tout cela est tellement délicat, mais les institutions ne pourront pas remplacer cette écoute de la personne qui est primordiale.
    Une des plus grandes souffrances de notre société actuelle est l'absence d'écoute, l'absence d'attention, et l'absence de réponse. Dans toutes les couches sociales, d'ailleurs, et dans toutes les situations ? Je ne dis pas l'absence d'action, parce que nous carburons à une activité frénétique en ce moment. Trop d'action, même. Sans écoute préalable...

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