L’hebdomadaire qui tient en une feuille qu’il faut déplier,
expose l’état des lieux de cette notion française, la Laïcité, venant d’un long
processus de résolution de nos guerres de religion depuis l’Edit de Nantes et
permet de
« Rendre à César ce qui est à César, et à
Dieu ce qui est à Dieu. ».
La loi de séparation des églises et de l’Etat présentée sous
forme de fac-similé précise en son article premier qui en comporte
quarante :
« La république assure la liberté de conscience ».
Cette dimension historique est bien présente par le dessin
et l’étude du mot « Lucifer » par lequel est contée l’amitié amoureuse entre Emile
Combes en guerre contre les congrégations et Mère Marie bénie de Jésus venue
plaider le maintien des Carmélites d’Alger, va au-delà de l’anecdote.
La poésie de Rabindranath Tagore :
« Je puis aimer
Dieu qui me laisse libre de le nier »
prend des airs nostalgiques depuis l’Inde où vivaient en
paix hindouistes, musulmans, athées, bouddhistes, autrefois.
La situation actuelle est examinée en confrontant des
opinions différentes, se plaçant au dessus des querelles entre l’extrême droite
s’élevant contre le voile pour contrecarrer l’Islam et l’extrême gauche affichant
le voile pour instrumentaliser l’Islam à des fins électoralistes.
Les considérations stratégiques à court terme prennent le pas
sur des approches civilisationnelles plus ambitieuses.
Aristide Briand avait estimé dérisoire la volonté
d’interdire la soutane dans l’espace public :
« L’ingéniosité
combinée des prêtres et des tailleurs
aurait tôt fait de créer un vêtement
nouveau. »
Entre discrétion des signes religieux et affirmation
identitaire, les appréciations varient d’une génération à l’autre.
Et il est
bon d’aller voir ailleurs comment les états gèrent les églises, et de nous
monter attentif envers Souleymane Bachir Diagne, un philosophe sénégalais,
lorsqu’il invite à regarder « l’universel depuis le pluriel du
monde ».
« Il n’existe pas dans la République de religion
d’Etat »
l’affirmation avait tout de l’évidence, elle devient solennelle
quand il est précisé que l’article de Robert Badinter avait été écrit en hommage à Samuel Paty.
Tu sais déjà ce que je pense de cela, depuis le temps. "Il n'existe pas dans la République de religion d'Etat" parce que.... la République EST une religion d'Etat...en tout cas, de mon point de vue de personne n'ayant pas grandi sur le sol français.
RépondreSupprimerJe trouve tout cela insoluble maintenant. "On" nous fait miroiter des ailleurs qui chantent, ont chanté, mais là, je n'y crois pas un seul instant. Pourquoi voudrait-"on" TOUJOURS nous faire croire qu'ailleurs c'est, ou ce fut meilleur ? C'est ça, la question intéressante, de mon point de vue.
Notre... naïveté ? foi ? sur ce sujet n'a pas de limite ?
Pourrais-tu dire quelque mots sur l'amitié amoureuse entre la religieuse et l'anti-cléricale, si tu le veux bien ? Merci.(mais je te fais faire des heures sup, là..)
Dans Le Monde:
RépondreSupprimerA Emile Combes, l'histoire ne prête généralement qu'une seule passion : l'anticléricalisme. Président du conseil de juin 1902 à janvier 1905, il porta à son paroxysme le combat de la République contre l'Eglise catholique, guerroya sans relâche contre les congrégations religieuses et assuma la rupture des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Mais il n'était plus au pouvoir quand fut votée la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, qu'il aurait souhaitée plus ferme. L'homme que la droite catholique comparait à Néron, voire au diable, éprouva pourtant une seconde passion, féminine celle-là. Sa liaison fut, semble-t-il, d'une chasteté tout épistolaire. Il faut dire que l'élue, la princesse Jeanne Bibesco, était la... prieure du carmel d'Alger ! Hautement "improbable", cette "amitié amoureuse" entre l'ex-séminariste devenu le chantre de l'anticléricalisme et celle qui répondait au doux nom de Mère Bénie de Jésus était déjà connue. L'historien et sociologue Jean Baubérot, auteur de dizaines d'études sur la laïcité, s'est amusé à croiser la grande et la petite histoire en faisant tenir à Combes ce journal intime un peu mièvre, où le peu qui ne soit pas vrai est toujours vraisemblable.
Merci. Très intéressant. Dans l'ensemble la société civile se réduit ? à s'imaginer que les passions épistolaires ou religieuses sont mièvres, que les gens qui les pratiquent sont mièvres aussi, de la même manière que depuis avant ma naissance, "on" croyait dur comme fer dans la catéchèse que l'abstinence était impossible pour l'Homme...Difficile à dire, je trouve. En tout cas, je n'ai pas de certitudes sur ce sujet. Chacun voit midi à sa porte ?
Supprimer