vendredi 13 mars 2026

Effondrement.

Depuis que dans les débats, l’hystérie a supplanté la nuance, le recours aux mots les plus gros titille le clavier, à moins que le silence s’impose et que retombe la poussière des décombres.
Nous nous effarouchons volontiers de la violence de certaines diatribes alors que nous en approuvons d’autres. 
Toute expression tonitruante n'est pas forcément du même tonneau que la légitimation du racisme par ceux qui prétendent dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas, très bas. Ainsi parmi tant de vigoureux propos qui appellent d'hypocrites écarquillements, les provocations de Charlie par exemple me paraissent toujours salutaires.  
Tandis que nos tourments intimes se confondent avec les bouleversements du monde, notre décrépitude accompagne celle du siècle, l’éco anxiété se cultive et la décadence de l’empire romain semble avoir encore de la gueule depuis les parapets où nous sirotons des breuvages délicieusement amers. Y en a qui rigolent, d'autres posent des cacas en commentaires.
Percés de part en part par les informations concernant l’impitoyable Poutine ou les folies de Trump, notre vision du monde, nos relations de proximité en sont affectées ainsi que nos équilibres personnels.
Notre petit égo s’embrume lorsque notre représentation globale se brouille.
Coupables boomers, nous pourrions établir des apparentements depuis la trahison de nos idéaux de jeunesse vis à vis du basculement d‘alliances internes à l’OTAN.
A ce niveau, il n’est question ni de décence, ni de modestie avec une telle analogie, il s’agit seulement d’ouvrir le poste.
La biodiversité s’amenuise, l’humanisme rétrécit, la mèche raccourcit avant le grand boum !
Le cynisme n’a pas forcément supplanté la naïveté et il est bien difficile de ne pas se sentir visé par la dépression dans l’ordre économique ou dans les équilibres géo politiques.
Avons-nous honoré la dette envers nos ancêtres quand celle que nous laissons à nos enfants devient abyssale ?
Nos divergences en matière de richesse et de valeurs s’accroissent, les phares qui nous guidaient se sont éteints. Le souci du bien commun s’efface, la discipline collective n’est même plus une option pour assurer une certaine prospérité. Les populistes promettent d’aider tout le monde en ouvrant par là les portes à des régimes intolérants et autoritaires.
Nos misères culturelles, économiques, militaires, démographiques, technologiques, scolaires, peuvent bien passer au scanner quotidiennement, nous sommes paralysés et les diagnostics ignorés surtout en période électorale, moment démocratique par excellence génèrant un rideau de fumée qui asphyxie la République elle même.
Cette molle description renvoie à des fatigues de l’exigence, jadis en tête de journées écolières, quand la dignité passait par des devoirs accompagnant les droits et que nous savions que les choses avaient un prix.   
« Les hommes, il faut toujours qu’ils compensent leur effondrement amoureux
par une ascension sociale. » 
Jean-Michel Ribes et non… Jeffrey Epstein.

1 commentaire:

  1. Je ne me retrouve pas dans ton portrait, là, Guy. Regardant ma petite maison bien laide, construite dans les années 60, je n'ai pas trop l'impression d'avoir beaucoup contribué à l'accumulation, et l'orgie productiviste qui a toujours cours, d'ailleurs, même si ça ralentit un peu.
    De temps en temps mon fils lance ses piques sur l'irresponsabilité de la génération des boomers, mais ses propos ressemblent à ceux que j'ai lancé à la tête de mon père il y plus de 50 ans maintenant, quand j'avais... 12 ans et plus. Un banal conflit entre les générations, dans un accès de ce que j'appelle, sans grande empathie, certes, "penser avec ses gonades". Il y a beaucoup de ça dans l'air du temps.
    Je n'ai pas vécu l'effondrement amoureux non plus, donc, je n'ai rien eu à compenser avec l'ascension sociale à laquelle je ne crois pas un iota.
    Je crois en l'amitié, en l'échange amicale, amoureux, l'écoute, et je fais du mieux que je peux pour vivre mes convictions dans mon quotidien, en estimant ne guère pouvoir faire plus.
    Fin de sermon pour ce matin.

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