lundi 14 janvier 2019

Une affaire de famille. Kore-eda.

On ne va jamais voir un film sans à priori et encore moins quand celui-ci est palme d’or du festival de Cannes avec message politique surligné : le Japon n’est pas si clean que ça.
Par ailleurs, il est tout simplement bien agréable de retrouver la finesse d’un réalisateur apprécié ici depuis un moment.
Dans un premier temps, la débrouillardise de tous ces personnages qui vivent entassés est chaleureuse , les petits voleurs sympathiques, et puis les liens vont s’avérer plus compliqués et pas vraiment exemplaires.
Condamnées par un présent affamé, les révélations finales ne sont pas aussi gentilles et positives que dans d’autres chroniques du réalisateur japonais.
Je garderai, je pense, en souvenir la beauté d’un plan où cette famille de « bras cassés » essaye de voir un feu d’artifice ou bien lorsqu’une femme se rend compte que sa misère ne se compte pas en Yens.
Ce ne sont pas des « laissés pour compte »  ce qui dénierait toute responsabilité à leur choix,  alors pour caractériser : famille de « bric et de broc » pourrait convenir pour insister sur sa fragilité, « recomposée », mais il y en a tellement, et celle là est tellement singulière.
Finalement le titre semblant bien banal se révèle le plus juste.     


1 commentaire:

  1. Je crois que je n'irai pas le voir. J'ai déjà longuement commenté le film (!!) sur le blog d'Alain, qui en a un commentaire aussi.
    A 62 ans, il y a des choses que je ne veux pas voir. Elles m'intéressent.. moins. Et puis, je crois que je peux dire que le parti pris d'esthétique "réaliste" de nos jours me semble un refus de.. l'illusion "théâtrale", et artistique, tout court. Je ne veux pas voir le côté sordide de l'existence humaine sans que ce côté soit soumis à un travail de transformation pour le rendre... acceptable ? non, pas acceptable, mais supportable.
    Je crois qu'"Une affaire de famille" ne peut, ne pourra pas rivaliser avec "Le Roi Lear", écrit en 1600 et des poussières, pour le sordide du sujet. Dernièrement, j'ai même été amenée à voir dans toute son horreur les aspects sordides du "Roi Lear"... DANS MON QUOTIDIEN. Mais Shakespeare transcende cela, et le rend supportable par sa poésie, et cela me réconforte. Cela permet d'adoucir la pilule.
    La progression de la vieillesse, et la désillusion dans ma vie me fragilisent. Je n'ai pas la force de résister à une esthétique "réaliste" qui SE PREND POUR LE VRAI, ET LA VERITE.
    Donc... je résiste, et continuerai à résister. Pour sauver ma peau.

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