lundi 25 avril 2016

L’Avenir. Mia Hansen-Løve.

Pas la peine d’insister une fois encore sur la prétention d’un titre trop absolu, genre « La Vie, l'Amour, la Mort » qui faisait sourire jadis, alors qu’il s’agit au contraire d’un film modeste, subtil, retenu. Quelques scènes sont très réussies, comme une déception dans le Vercors ou une annonce en principe primordiale en mode mineur. Par contre si des dialogues philosophiques sont réussis, à d’autres moments on ne sait si la prof dicte ou donne à réfléchir et c’est gênant pour ceux qui connaissent le bâtiment. Une leçon sous les arbres ne révèle pas une enseignante très présente à ses élèves. Alors que la conversation d’un groupe libertaire concernant la notion d’auteur, très « Nuit debout », sonne juste, dans une langue étrangère, pour marquer les distances entre générations sans les surligner, comme à d’autres moments avec les éleveurs de chèvres sans chèvres, du côté de Clelles où la campagne est bien belle.
Le cinéma français connait bien ce milieu confortable où les conflits sont mouchetés. Les aléas de la vie familiale sont surmontés avec sagesse, et cette parenthèse en couleurs nous repose de tant d’hystéries, tout en revenant sur des questions éternelles qui mettent en balance solitude et liberté.
Est-ce que j’ai bien vu  en début de film, deux petites filles du temps des bords de mer avec papa maman devenues une fille et un garçon à l’âge de quitter la maison, ce qui marquerait une incohérence de scénario ? Les touches sont justes le plus souvent comme avec les grands parents qui s’accaparent le nouveau né sans un regard pour la mère et aussi l’arrière grand-mère qui se débat, insupportable, loin des numéros d’actrice excentrique comme j’ai pu l’entendre de la part de critiques attitrés.
Une petite chanson peut dire la vie aussi bien qu’une phrase de Lévinas :
«  À la claire fontaine
M'en allant promener
J'ai trouvé l'eau si belle
Que je m'y suis baigné »
C’est une des chansons préférées en ce moment de ma Mia à moi.

3 commentaires:

  1. Et bé.. le film a dû être trop compliqué pour mes yeux de grande hystérique... je l'ai trouvé insupportable, à vrai dire. Insupportable d'insignifiance.
    Je reste dans mes vieux schémas, moi. Tu as vu la même chose que mon mari, qui lui aussi, a vu deux petites filles dans la scène du début. Mais... attend...SUREMENT il y avait un problème de.. genre... et la petite fille en question a suivi un long parcours très douloureux afin de changer de sexe, accompagnée avec amour par des parents... tendance, si tendance. Ça permet de rendre compte, qui plus est, du look de ce garçon... un peu flou tout de même.
    En discutant avec mon entourage, je vois qu'il n'y a que moi pour me dire que lors de cette scène de l'hôpital où la jeune mère fond en larmes en voyant ses parents se battre comme des mauvais fées au dessus du lit de son nouveau né, fifille n'a pas la conscience tranquille... Fifille, en petite adolescente se mêlant des oignons du couple parental A FAIT UNE TRES GROSSE GAFFE, bien au delà de ce qu'elle avait escompté, en bonne petite fifille, croisant les doigts que Papa allait revenir tranquillement au bercail, en préférant Maman à la vilaine maîtresse...(quand tu as fait un parcours analytique, tu te rends compte de notre terrible, et terriblement infantile humanité... vécu encore plus insupportable pour des intellectuels à vrai dire) Et que dans les déboires de la suite, fifille... si elle est un peu humainement constituée, pourrait ressentir UNE ENORME CULPABILITE devant un dénouement qu'elle a elle-même largement contribué à provoquer. Cela n'excuse pas les principaux intéressés, certes, même LE principal intéressé, mais ça donne une certaine... perspective qui me semble importante en voyant cette scène.
    Je suis mystifiée de constater que cette interprétation est si loin de l'esprit de mon entourage, qui lui, a plein d'autres interprétations assez tendances...
    OUI OUI pour la Clairefontaine, mais la fin du film est triste. Je ne veux pas finir comme ça, seule... C'est tellement mieux à deux. La vieillesse n'est pas pour les guimauves.

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  2. Ma femme a vu comme toi le rôle de la fille dans la séparation des parents. Le grand papa que je suis a privilégié la vision des excès de son rang.

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  3. En tout cas, je croise les doigts que ma fifille à moi, confrontée au moment voulu à sa vieille mère qui n'a pas tenu un nouveau né dans les bras depuis perpette, et qui meurt d'envie de serrer ce petit corps tout chaud, aura un oeil bien indulgent, bien compatissant pour sa vieille mère ménopausée qui, de toute façon n'aura pas passé 9 mois en complète intimité avec le nouveau né en question.
    Il y a un certain temps un Monsieur, à qui j'avais fait quelques beaux cadeaux.. par amour... m'avait dit qu'il sentait que je cherchais à l'acheter.
    La réponse m'est venue un peu tard, mais de toute façon, il vaut mieux se taire qu'avoir raison dans certaines circonstances.
    J'aurais dû lui dire que je ne savais pas qu'il était à vendre...
    De même, personne ne peut prendre ta place de mère tant que toi-même tu ne l'as pas cédée. Dommage qu'il y ait tant de femmes à l'heure actuelle qui ne comprennent pas cela.
    La modernité continue à avoir raison de la maternité, de mon point de vue.

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