lundi 18 mars 2013

Syngué sabour. Atiq Rahimi.



Une femme afghane veille son mari dans le coma : la situation n’était pas forcément cinématographique.
L’actrice d’origine iranienne Golshifteh Farahani dont tout le monde a loué la beauté nous tient éveillés pendant une heure quarante, et sa misérable condition nous concernera au-delà du générique de fin.
Le réalisateur a adapté son propre livre et nous avons cheminé dans ses images comme dans un roman.
Syngué sabour signifie « la pierre de patience » à qui on confie ses secrets jusqu'à ce qu'elle éclate ; le divan n’est pas confortable mais la psychanalyse sera efficace.
Etouffée sous les voiles tissés par des siècles d’obscurantisme religieux auxquels s’ajoutent la misère et la guerre, cette femme se dévoile et révèle crûment l’histoire de son mari immobilisé par une balle dans la nuque.
Nous ne percevons des guerres que les explosions, et le temps que la poussière retombe, nous passons à autres choses. La vitalité des femmes prend encore plus de force dans cet univers asphyxiant : d’un placard, à une pièce vide, à une maison sans eau, à une ville dévastée, bien des existences sont condamnées à l’enfermement et pourtant la vérité peut advenir, l’espoir exister et des mots d’amour venir à un bègue.
Dans le magazine Marianne, Jean Claude Carrière qui a participé au scénario précisait :  
« L'hindouisme, c'est un poing fermé. Le bouddhisme indique du doigt une voie.»
Après qu’Atiq Rahimi ait dit qu’il avait tourné un film hindouiste.
Sûrement pas islamiste.

1 commentaire:

  1. Ah.... toute l'ambiguïté d'indiquer du doigt une voie....
    Et pourquoi ne pas ouvrir le poing, et diriger la main toute entière vers.. plutôt que de pointer avec le doigt...
    Le doigt de Dieu qui se tend vers Adam, était-ce un doigt qui pointait ?
    On peut en douter...

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