mardi 3 janvier 2012

Enfances. Sempé.

Le seul excès que je me suis permis lors de ces fêtes, fut d’avoir épuisé un de mes cadeaux rituel en une seule fois, après m’être promis pourtant d’en garder pour le lendemain. Et j’y reviendrai.
Où il ressort que Sempé n’a pas eu d’enfance, alors il dit :  
«Il m'est arrivé de devenir, par moments, raisonnable mais jamais adulte»,
et cite : « un animal inconsolable et gai ».
Sans rancune à l’égard de ses parents pourtant violents, il est le meilleur interprète de la douceur, de l’innocence des années d’enfance.
Nous nous en emparons avec une nostalgie sans vergogne.
Il atteint l’universel hors d’âge, parce qu’il a si bien inventé, sublimé, depuis ses expériences tragiques du genre : « Approche un peu que je te donne une gifle et le mur t’en donnera une autre. » La résilience.
Son premier dessin : un chien dort dans la casserole qu’on lui a attachée à la queue.
Dans son dialogue avec Marc Lecarpentier, il fait l’éloge de la radio, du mensonge et conte quelques histoires émouvantes. De toutes façons, il dessine un oiseau qui marche sur un fil comme un funambule et je suis ravi, c’est tellement fin.
C’est l’époque, qui était déjà démodée quand est apparu le Petit Nicolas - donc indémodable- des enfants en culottes courtes qui vont chercher les confitures en haut de l’armoire, où les garçons glissent sur les rampes d’escalier et tirent les sonnettes.
Les adultes sont si fragiles face à la nature, aux grands immeubles, à leurs rêves, alors les petits face à l’Océan gardant leur châteaux de sable, comme ils sont courageux!
Il est sévère à l’égard d’un de ses dessins, qu’il trouve trop facile, quand le petit garçon annonce, à ses parents tournés vers la télévision : « je marche ».
J’ai découvert une aquarelle que ne n’avais jamais vue et qui m’a touché : des adultes discutent autour de la table, l’enfant depuis sa chambre est le seul à voir les prémisses de l’orage d’une fin d’été qui renverse les chaises longues et fait s’envoler les feuilles d’un journal.
Pourtant bien des scènes parlent de l’insouciance, de jeux, avec des mots en voie de disparition qui viennent : espiègle, candide, heureux.
J’aime toujours ses images légères de bords de mer, de salles de danse, où les têtes dépassent à peine des herbes, éternelles, familières avec des variantes, alors je suis content.

2 commentaires:

  1. Si je n'avais pas déjà visité ce livre, ce billet m'en aurait donné l'envie...

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